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Imposteur, des postures Quelles réponses sans confusion des genres au pluriel ?

Notes:

Inculqué, une culture, des cultivateurs Informateur, une formatrice, des déformations Inclusif, une exclusivité, des conclusions Incubateur, une combattante, des complicités

Un symptôme, une asymptote, comment éviter les systématisme ?

Symptôme : Dans le genre culture/cultures, au pluriel, le sérail culturel se mêle d’agricultures (permaculture, bio-intensive, etc). Les projets « agriculturels » éclosent. Comment les transcultures des années 20 du 2è millénaire peuvent-elles rester libres de leurs comportements, développements, évolutions ?

Asymptote : « Approcher toujours, n’arriver jamais ; telle est la loi. La civilisation est une asymptote. » — (Victor Hugo, Actes et paroles — Avant l’exil, chapitre Le Droit et la Loi, 1875, p. 30). Quand la posture dominante est à l’imposture1 dans nos démocraties malades (sinon en dégénérescence) où les gouvernements ne sont plus politiques mais des gestionnaires de circulaires de services2, quid d’une norme culturelle comme nouveau guide sociétal ?

Systématismes : Comment ce maillage culture et agriculture est-il récupéré par les forces dominantes?

Le conformisme, une posture

Émancipatrice par sa capacité de réflexion morale critique, la culture est nourrie d’art dont les créations ne sont que transgressives des normes par définition (si on exclut l’art pompier et les diverses formes de son corollaire contemporain).
Or la valeur d’usage assignée à la culture par nos société occidentales - dont l’humain lui-même est défini par sa fonction plus que par son ontologie - en fait un instrument malin de conformisme par la récupération de toutes ses formes à peine émergentes. Force opposante ou contre-pouvoir potentiel de nos sociétés sécuritaires (Foucault) immédiatement suspecté.
Squat ruraux d’artistes, villages créatifs, tiers-lieux, éco-lieux qui incluent des artistes ne sont-ils pas les nouveaux sites où se loge une bien-pensance d’une actualité rare ?

De plus en plus de milieux culturels – en dehors des pratiques artistiques conventionnelles – développent des alternatives aux modèles dominants « en même temps »(!) qu’ils formulent leur critique. Ces lieux (cf PAN forum) inventent leur forme, leur cadre, leur contexte d’émergence de l’art d’aujourd’hui. Plus concrètement, c’est à travers les modes de création, production et de diffusion de pratiques dont les formats autant que les contenus échappent aux différentes stratégies de marchandisation de l’art (l’exposition de l’œuvre dans un cadre institutionnel et/ou sa vente) que les espaces alternatifs critiquent indirectement l’ordre établi.
Plus encore, les artistes s’associent de plus en plus à des mouvements de contestation politique et social (ZAD, gilets jaunes, etc), comme une posture alternative revendicative tout en documentant un geste ou produisant ce qui devient une œuvre contribuant indirectement au système dénoncé. Un pacte marchand devenu inconscient, qui est devenu le réflexe d’insertion professionnelle car il garantit de s’inscrire dans la définition de l’artiste. Si tu ne t’affiche pas, si rien n’est à vendre, tu n’existen pas « en art ».

Par là même, nos infrastructures y compris culturelles pratiquent une incitation à trouver des stratégies de réalisation des projets en vue d’évaluation, de score, d’effets produits escomptés. Les artistes se nourrissent donc de ces réponses aux incitations trétégiques (les appels à condidateurs, dossiers de réponses d’appel à des prix, etc), souvent seule nourriture pour survivre « en art ».
Dès que peuvent se quantifier, les critères de validation et d’évaluation des projets soutenus, les infrastructures accompagnent même les nouveaux lieux de « fabrique » culturelles. Logos, prix et reconnaissance locale confondues alors avec vitrine verte culturelle des élus locaux ou nationaux à moindre frais cautionnent et normalisent les projets devenus « alternatifs » seulement dans leur dénomination par les porteurs s’adressant à leur paires. L’Histoire de la gentrification des villes ne se rejoue-t-elle pas autrement dans les derniers lopins de terres non confisquées (par la SAFER, et les autres organes de distribution) ou les fermes de retraités vendues, à coup de soutien financier et surtout logotypés des collectivités en soif de créativité sociale ?

C’est là qu’une homogénéisation des discours précède celle des comportements où sont calibrés gestuelle, vocabulaire, tenue vestimentaire, régime alimentaire, mixité, éthique médicale, d’enseignement des enfants, de gouvernance horizontale, etc définissant déjà une nouvelle norme sociale culturelle qui prétend rapidement être porteuse d’une bien-pensance, sinon du pouvoir puisqu’elle a précisément été installée par le pouvoir gestionnaire « à l’œuvre » (en témoignent souvent les logos des projets dits « alternatifs »).
Non que le milieu des gouvernements actuels ne soit pas irrigué de personnalités guidant un renouvellement sociétal soucieux d’une écologie plurielle3 et espérons le d’une sobritété économique, le risque pointé ici est une récupération des initiatives « éco » par le système critiqué à coup de normes (ERP, label bio) conditions incompressibles d’existence des lieux eux-mêmes pour être soutenus, porté, diffusée, médiatisée, glorifié, en toute sobriété verte…
Les artistes, loin d’être sauveurs, ne seraient-ils pas les experts du tour de passe passe pour inventer, réinventer (mais même ce mot devient une injonction gouvernementale depuis les confinements de 2020 : « lieux de culture réinventez-vous! ») les méthodologiess, outils, terminologies d’un cadre créatif émancipatoire ? Volontiers invité dans les projets « éco », culturel, culturaux, les artistes sont cependant devenus sans doute les archétypes d’une récupération pour la réécriture de la norme ?

En effet, la stratégie qui vise à répondre à des exigences normatives est éprouvée dans le milieu culturel où on a enjoint les artistes à devenir auto-entrepreneurs d’ex-mêmes, les décennies précédentes, où chacun façonne et vend son nom, (parfois même sa vie), son œuvre d’un seul tenant, comme une marque. On l’apprend même dans les écoles d’art ! (Cf Nietzsche, on produit mieux dans l’usine !)
Les artistes, devenus expert dans la production rhétorique qui est attendue d’eux, ont appris à mesurer leur valeur avec le degré de proximité avec les centres et organes de pouvoir. Renchérie par les infrastructures technologiques, les valeurs du champ culturel autant que social sont devenues relatives au taux de popularité, aux effets d’opinion produits. Et de nombreux artistes travaillent leur interfaces de popularité quasi à plein temps, d’autant qu’il s’agit ici de ne pas disparaître. Invisibilité = disparition. Cette « servitude volontaire » est consciente, on valide même des demandes de revente de nos données personnelles et interaction pour utiliser l’application qui nous fait exister dans le milieu professionnel de l’art. Cet asservissement a contaminé les institutions de transmission et de diffusion de l’art, les artistes eux-même dans leurs comportements, conduites, comment les projets de culture, portés par les artistes s’émancipent-ils d’un tel conformisme ?
Comment un tiers-lieux culturel peut-il se passer des terminologies en vigueur pour exister ? (chantier, participatif, travaux énergétiques, prix libre et conscient, charte relationnelle, transition, contribuer au développement du territoire, solidarité, bienveillance, transmission, autonimie, raison d’être, résilience…).
Comment un tiers-lieu culturel peut-il se passer des terminologies en vigueur pour exister ? Se résoudre à zéro subventions (PAN forum). Rechercher à l’endroit d’émergence des œuvres est un chercher des gestes d’opposition aux normes de lieux de production simultanément esthétique et politique, le contexte devenant contenu artistique.

Comment une expérimentation agricole peut-elle camoufler son audace, échapper aux termes : « dynamiser le territoire » dans ses statuts, car c’est à la source que les traques techno agiles du hors-norme fouillent ? La tentative d‘une société normative est sans doute d’inclure de plus en plus de gens, dans le lot des populations à risque, pour les modifier ? Cette « comédie sociale » devient le totalitarisme de la norme.
Les signes, rituels, cérémoniales, mélangeant agriculture et art répondent déjà à une nouvelle commande sociale, techniques, de nos sociétés d’adaptation.

Dans tous les secteur culture/culture, prévaut la forme sur le fond. Le spectacle attendu des ces lieux (Guy Debord). Dans les sociétés de la marchandise et du spectacle, on confond l’image et la réalité, après que l’on ait si bien appris à vendre des apparences (site web de lieux)…
Dans les nouveaux lieux interdisciplinaires artistiques, transdisciplinaire, culturel et cultural, traquons le spectacle répondant, à la vulnérabilité actuelle réfugiée dans les réflexes d’exécution pour prendre et garder notre place assignée dans le cadrage imposé (pour pouvoir exister au sens de fonctionner).
Normes pour accéder aux terres, terme pour définir la fonction de la culture dans un tiers-lieu ; comment de nos places assignées se défaire ? (Agamben) Pour pointer le colonialisme des mœurs, nos programmes de vie, nos mode d’emploi d’usage de nos vies, au grilles de système d’évaluation. Attention au totalitarisme de la norme éco, tiers, autonomie et celle du grand récit agriculturel déjà piloté par les institutions…

Un symptôme, une asymptote, comment éviter les systématisme ?

Marina Pirot janv 2020.

1 : Roland Gori, La Fabrique des imposteurs, Éditions Les Liens qui libèrent, 2013.

2 : Max Weber, L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, 1ère éd 1904-1905 & R. Gori : « le capitalisme est une rationalité pratico-formelle » cf conférence : « la fabrique des imposteurs ».

3 : Évocation des écologie environnementale, sociale, mentale, présentées par Guattari dans Les Trois Ecologies, éd Galilé, publié en 1989. Félix Guattari propose une articulation éthico-politique – qu’il nomme écosophie – entre les trois écologies : celle de l’environnement, des rapports sociaux et celle de la subjectivité humaine.

Marina Pirot, janv 2021

deformater_l_eco-logique.txt · Dernière modification: 2021/02/16 11:40 de marina